Voici un article paru dans Le Figaro du 29 janvier. Va-t-on voir nos postiers partir sous d'autres cieux ? Quid de notre réseau de boîtes à lettres jaunes ? Jeudi dernier, France Info faisait état de suppression de BAL dans certaines petites villes comprenant trop de villages rattachés...
Ce qui est certain, c'est que nous pouvons nous préparer à voir apparaître un prix du timbre modulable en France. Cela coutera moins cher d'écrire à un correspondant à Paris qu'a Troufignon les Escarbelettes...
Quant à nos postiers, il n'est pas exclus que nous ayons a organiser leur pot de départ pour Quiberon d'ici trois ou quatre ans...« La Poste repense son réseau
Le déclin du courrier accélère la réflexion. La grande distribution pourrait offrir des services postaux.
Carrefour et Casino au secours de la Poste ? Confronté à la désaffection de ses bureaux de poste mais placé sous une contrainte forte de présence à travers tout le territoire, l'Établissement public songe à assurer ses services avec l'aide des géants de la distribution.
Plus de 1 800 commerçants sont déjà des relais poste. Pour l'essentiel, il s'agit d'indépendants, buralistes ou patrons de supérettes en zone rurale. Ils vendent timbres et enveloppes prêt-à-poster, assurent la garde ou la réexpédition du courrier et des recommandés, sans compter l'emballage, le dépôt et le retrait des colis. Ils proposent également un service de dépannage financier, avec un retrait d'espèces jusqu'à 150 euros par semaine pour les titulaires de CCP et de livret A. Le commerçant n'a toutefois pas accès aux comptes des clients.
Leur nombre n'a cessé d'augmenter ces dernières années, mais certains, dans l'entourage de l'Établissement public, voudraient aller plus vite. Le sénateur Pierre Hérisson, président de l'Observatoire national de la présence postale, milite pour que la liste des commerçants partenaires s'allonge : «La grande distribution, avec ses réseaux de proximité, devrait vendre les services de La Poste aussi naturellement qu'elle vend du carburant, déclare-t-il au Figaro. J'ai rencontré leurs représentants afin de les sensibiliser à cette question. Quelques supérettes vendent déjà l'offre de services de La Poste mais elles sont trop peu nombreuses.»
Substitution d'Internet au courrier
L'observatoire qu'il préside réunit des représentants de La Poste, de l'État, de l'association des maires de France et des élus. «Nous réfléchissons à des formes nouvelles de partenariats avec les commerces, sans pour autant fermer des bureaux de poste», insiste-t-il. Ce projet concerne les supérettes en milieu rural mais aussi les galeries marchandes. «Même en ville, les Français devraient pouvoir aller chercher un recommandé et retirer de l'argent dans des relais poste commerçants», affirme Pierre Hérisson.
Une centaine de supérettes Petit Casino, Spar et Vival font déjà office de relais poste. Chez Carrefour, qui a signé un premier partenariat il y a un an, 55 points de vente ruraux offrent déjà des services postaux. Pour ces distributeurs qui cherchent à étendre leurs services, ces partenariats sont une aubaine.
Depuis 1950, le nombre total de «points de contact» de La Poste est resté stable, aux environs de 17 000. Ce chiffre est même inscrit dans le projet de loi sur son changement de statut en société anonyme et ne pourra donc baisser dans les années à venir. Mais le législateur n'a heureusement pas gravé dans le marbre le profil de cette présence postale. Depuis cinq ans, 600 bureaux de Poste gérés en propres ont d'ailleurs chaque année été transformés en agence postale gérée par une commune ou en relais commerçant.
La Poste précise qu'aucune transformation ne se fait sans l'accord d'un maire et qu'il faut conserver un maillage suffisant de bureaux de poste pour assurer la présence de La Banque postale.
«La substitution d'Internet au courrier pénalise la fréquentation des bureaux de poste. En dix ans, on est passé de 3 millions de visiteurs par jour, à 2 millions, souligne Alain Barrault, secrétaire fédéral de la CFDT Poste. La vente à venir de prêts à la consommation et d'assurance devrait faire revenir des clients, mais la tendance risque de rester à la baisse. Aucun vrai relais de croissance n'a été trouvé.» L'an dernier, la CFDT a proposé le lancement d'une box La Poste offrant téléphone-Internet-télévision.
Compte tenu du recul d'activité, la disparition de nombreux bureaux de poste en propre au profit d'agences postales communales et de relais poste avec des commerçants fait partie des options. Cette évolution, redoutée par certains, n'est pas propre à la France. En Allemagne, le géant du courrier Deutsche Post va fermer d'ici à 2011 les quelque 400 agences en nom propre qu'il exploite à travers l'Allemagne, et privilégier ainsi la distribution de ses produits via des partenaires. »